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Ecrire pour aider l'Humanité à se réveiller..

Lettre aux T.

le 23/01/2011 à 14h19

     Le temps passe et les personnes que l'on semblait connaître évoluent... Il arrive encore que l'on puisse continuer à s'apprécier dans notre intégralité, réciproquement, mais cela devient rare.


    Je continue à vous aimer tel que vous êtes, malgrè des points de vue différents sur le sens de la vie et des moments présents. Parce qu'il me semble que j'évolue rapidement, sans pour autant que vous ne perceviez cette évolution intérieure.... Aujourd'hui, je choisi de vous montrer les distances qui existent entre nous pour que votre vision des choses puisse s'élargir, notamment par rapport à mes choix.


 


Pour vous, je m'investi dans le travail avec enthousiasme pour mieux me fuir et m'oublier;


Pour moi, cet investissement choisi est en harmonie avec ma vision du monde actuel.


Pour vous, les difficultés planétaires  possèdent un sens et cachent une vérité unique;


Pour moi, il existe plusieurs vérités dans ce que nous traversons.


Pour vous, le modèle de vie que vous avez construit, fondé sur la famille, apparaît comme le meilleur (aujourd'hui comme jadis) et ne peut qu'être suivi;


Pour moi, ce n'est qu'un modèle (de bien-être) parmi d'autres.


Pour vous, il suffit de demander pour recevoir;


Pour moi, cela est difficilement réalisable car je ne sais que rarement ce que je souhaite vraiment.


Pour vous, l'Espoir est ce qui vous permet de continuer à vivre de beaux moments;


Pour moi, il s'agit d'une projection dans le futur qui peut  mener à la déception et à l'illusion. L'Espoir ne peut remplacer l'instant présent, et il est bon de savourer ce que l'on a sans penser aux lendemains.


 


        Au final, j'espère vous avoir fait comprendre l'inutilité qu'il y a à s'inquiéter pour moi. Je choisi des voies différentes de celles que vous suivez, parce que je crois en des valeurs qui divergent des vôtres et qui nécessitent qu'on s'engagent pour elles. La Terre et l'Humanité ne pourront pas traverser les secousses seules, ni uniquement à partir de l'Energie: il est nécessaire que des hommes et des femmes s'engagent dès à présent dans la restauration matérielle du vivant et du non-vivant. C'est cela le sens de ma vie...


 

"En cette ultime danse où se joue le hasard

Plus jamais ne serai ton cavalier de bal.

C'en est un autre qui, sous mon triste regard,

Te fera parcourir en tournoyant la salle.


En cette ultime danse où se joue le hasard

Quand il me faudra dire à ta vie adieu,

Je voudrais que pour toi elle ait tous les égards,

Que tu saches un jour t'envoler dans les cieux.


En cette ultime danse où se joue le hasard

Quand je serai certain de te perdre à jamais

Te laisserai aller, regrettant ton départ,

Souhaitant que devant toi s'enfuient les vents mauvais.


En cette ultime danse où se joue le hasard

Nous verrons nos esprits l'un à l'autre avoués.

Nous nous séparerons, endeuillés et hagards,

Quand le noeud qui nous lie se sera dénoué. "

 

      Merci Robin Hobb pour ce magnifique texte, et pour tout le reste... J'aimerai pouvoir en savoir davantage sur ces Prophètes, pour un dernier hommage au Bien-Aimé...

     Depuis que je t'ai revu, il y a tout juste quelques semaines, les barrières que je m'étais fixé volent en éclat une à une... La fin de mes études, conjuguée à une nouvelle perception de la vie quotidienne (liée à des évènements douloureux durant l'été), ont sans doute beaucoup aidé à cela.


     Sensation étrange en tout cas... Avant hier, je songeais encore que le chemin qui nous reste à parcourir semble plus douloureux que la séparation elle-même... Depuis hier, je ne songe plus. Je vis dans l'instant présent, je profite du moment présent car l'on ne sait jamais ce qui peut arriver d'un jour à l'autre. Je me recentre sur mon bien-être personnel en somme.


   Tou cela emmène de grands changements dans ma manière de vivre, évolutions déjà réalisées parfois et à confirmer, ou en cours de réalisation encore le plus souvent. Pour faciliter cette mise au point intérieure, et les choix de vie qui en découlent ou en découleront, je souhaite écrire ce que je perçois de ces changements internes. Ce n'est pas vraiment une liste, mais plutôt un ensemble d'orientations qui se croisent et s'entrecroisent...


- Ma vie personnelle est désormais privilégiée dans mes choix de vie par rapport à ma vie professionnelle;


- Connaissant désormais une bonne partie de mes peurs les plus intimes, je jongle avec pour y faire face au lieu de m'enfermer derrière un bouclier inutile;


- J'accepte la souffrance de l'absence paternelle dans le moindre de mes vécus quotidiens, je ne suis plus révoltée;


- J'éloigne le mental pour me consacrer essentiellement à mon ressenti, en me recentrant et ne m'oubliant pas (en tant que personne dotée à la fois d'une âme et d'un coeur)


- Avec l'éloignement du mental, c'est tout un mode de vie, centré sur l'égo et la réussite, qui est remis en question. Cette orientation m'oblige à repenser mes projets professionnels et personnels: souhait de m'éloigner du modèle familial enfermé dans des peurs et des affirmations de soi, souhait d'un métier d'avantage accès sur le faire que sur le mental....Ou en tout cas, metttre en place un équilibre de vie qui tienne davantage compte des tâches quotidiennes  (le faire), et non seulement d'un enfermement dans des lectures qui ne portent pas...


- En somme, développement de ce côté social et affectueux au dépend d'une détermination sans faille mais qui ne mène pas à grand chose...


- La maternité deviendra sans doute un moyen de cette réalisation personnelle, à moyen ou long terme.


        On peut légitimement s'interroger sur ce qui me pousse à évoluer ainsi, aussi rapidement... Une grande partie de la réponse se situe dans le mot "amour", une autre dans un changement de perception de la souffrance.... Une grosse grosse prise de conscience en somme, en ces temps troublés. Il paraît que l'amour donne des ailes... et bien en ce moment, il m'ancre profondément par les racines.

Bout de chanson dans la tête...

le 28/08/2010 à 20h36

"Il ne faut prendre dans ses bagages que ce qui vraiment compta


Et se dire MERCI, pour ses perles de vie,


Il est certaines blessures au goût de victoire..."


(JJ Goldman, Je voudrais vous revoir)

 Le Pacte avec le Diable


   "Ce n'est pas le moment d'oublier la formule magique. On peut l'écrire de différentes façons, mais c'est toujours la même: ne pas intervenir, laisser faire, être spontané, ne pas penser, lâcher prise... En deux mots: être naturel!


   C'est pourquoi, ici, la vieille définition de la nature comme englobant tout le non-volontaire, devient si importante. Laisser exister la friche ou le marais, c'est laisser vivre en soi les émotions. Toutes les émotions, même les plus désagréables, les difficiles, les négatives. L'un de nos comportements appris est de toujours tenter de nier la réalité de ce qui ne nous convient pas. Quand nous avons peur, nous voulons à toutes forces ne pas avoir peur.


   C'est impossible! Ou bien nous n'avons pas cette émotion, ou bien nous l'avons, et il est trop tard pour la tuer. L'acceptation de la peur comme un sentiment naturel est le premier pas vers sa disparition ou sa transmutation.


   Ainsi, d'un problème de gestion des écosystèmes, nous sommes passés à un problème de gestion des émotions. Les systèmes naturels ne peuvent être préservés que par des gens dont le management émotionnel suit la voie du libre passage de l'énergie, plutôt que celle de la contrainte.


    Nous ne trouvons pas, c'est évident, dans la nature, que des individus de ce type. Beaucoup de personnes ayant bétonné leurs pulsions vont dans les lieux naturels justement pour trouver là ce qu'elles ont tué en elles. Mais s'il s'agit de défendre, de maintenir, de trouver autre chose que des solutions névrotiques, il y faut l'intervention de ceux qui appliquent les formules fondées sur le paradoxe: vivre la peur, c'est la transcender.


   "C'était pour ainsi dire une vision du Tao, de la puissance des éléments qui trouvaient leur chemin, non grâce à l'effort, mais au contraire à l'absence d'effort. je compris alors que les êtres humains luttent éternellement contre le grand courant qui les emporte, courant dont la puissance est si incommensurable, qu'ils ne peuvent en lui résistant, que se détruire. Si on l'épouse en revanche, cette force est nôtre, cette énergie nous soutient (Kathleen Raine: Le Royaume inconnu, Stock éd.).


    La peur est énergie. Tant que nous vivons dans une culture où énergies positives et négatives sont soigneusement distinguées, la nature ne sera pas acceptée.


   Vivre les contraires, les intégrer dans une vision d'ensemble, réconcilie l'attirance et la peur, ingrédients principaux de ce sens du sacré défini par Mircea Eliade. La double face de la peur ainsi ressentie, au lieu de créer une distance avec l'objet, tisse un lien d'une puissance phénoménale. On peut bien le dire, même s'ils craignent que cela les rende un peu ridicules, ceux qui aiment la nature le font à partir d'une espèce de sacralisation. On n'a jamais vu quelqu'un devenir fanatique de nature à partir d'une argumentation rationnelle. C'est un élan, une tonalité, une révélation! Quelle erreur alors, que de vouloir faire une "éducation à l'environnement" en apprenant d'abord une foule de données scientifiques.


   L'intérêt pour le détail du fonctionnement biologique de la nature ne vient qu'à ceux qui ont d'abord un attrait sensible, à ceux que ça intéresse. "Connaître pour aimer" a-t-on pu lire de nombreuses fois comme slogan, en livres et en pancartes. C'est la charrue avant les boeufs! L'ouverture émotionnelle est le premier pas indispensable. Et pas du pseudo dans un parc de vision! Mais des ambiances solitaires où les troncs perdus dans le brouillard se ressemblent tous, des sentiers qui finissent traîtreusement en succions dans la vase des roselières, des glaciers balayés par le blizzard. Vraie nature, sans apprêt, qui se fout de notre vie et de notre mort, qui est là comme elle était, comme elle sera, à un milliard d'années de distance.


   La peur qui s'éveille alors, est une part de la nature. Elle envahira tout et vous passerez au travers... Comme le Petit Chaperon Rouge avalé par le loup... Ce vieux conte initiatique, tellement édulcoré maintenant, nous disait qu'en passant dans le ventre du fauve, on en acquérait en ressortant tous les pouvoirs. Car si vous laissez passer le courant sans vous affoler, vous ressortirez du ventre du loup. En en ayant fait le tour, si l'on peut dire. Une terreur affrontée, un objet effrayant auquel on s'identifie (comme les enfants qui jouent aux fantômes) perd son pouvoir. La nature reste énorme, indifférente, splendide et horrible à la fois. Mais elle vous a digéré. Maintenant vous en êtes! Que pourriez-vous dire alors et faire contre sans vous atteindre vous-même?


   Et si vous choisissez de rester sur l'autre rive, dans la sécurité des autoroutes et des miradors, pourquoi ne pas se rappeler quand même que la possibilité existera toujours de franchir la porte de la peur, d'explorer ses propres marécages, de sonder ses propres abîmes. Nul besoin de passer sur le divan du psychanalyste. La lande ou la savane, le papillon ou la couleuvre, sont, pour peu que vous collaboriez, prêts à se charger de l'essentiels...".


F. Terrasson, 1988 (!!!), La peur de la nature.